Appel pour réunir tous les francs-maçons

La franc-maçonnerie moderne perpétue les traditions initiatiques anciennes. Elle a été créée pour promouvoir, en plus, la liberté de pensée et la fraternité universelle dans le respect des différences.

La Constitution d'Anderson de 1723, commune à tous les mouvements maçonniques, l'exprime ainsi:

Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont toutes les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c'est à dire être des hommes vrais et bons, ou hommes d'honneur et d'honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l'Union et le moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance.

Nous, les francs-maçons, voulons réaliser cet idéal.

En son nom, nous demandons à nos dirigeants élus de surpasser leurs désaccords et de bâtir un pont par-dessus le fossé qui divise les obédiences maçonniques depuis près d'un siècle.

Aussi, nous votons pour la création d'une Confédération Mondiale des Obédiences Maçonniques, libres, indépendantes, égales en droit et fraternelles.

loge

 
 

A. Raisons d'être du projet Confédération Mondiale des Obédiences Maçonniques

1. Dessein original de la franc-maçonnerie moderne

tableauLa franc-maçonnerie moderne est née au début du XVIIIe siècle, à l'Époque des Lumières, par décision de quatre loges de Londres, composées d'esprits éclairés. Plusieurs de leurs membres faisaient partie de la Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge (Société royale de Londres pour l'amélioration du savoir naturel), fondée en 1660, donc d'une Académie des sciences et de la philosophie.

Les membres de ces quatre loges étaient à la foi croyants et scientifiques. Ils ne souhaitaient pas inventer une nouvelle religion, ni combattre celles dont ils faisaient partie, mais ils voulaient créer un territoire où ils pouvaient rechercher la connaissance en toute liberté, sans que les églises, le roi, ni personne d'autre ne puissent s'y immiscer.

Toutes les procédures initiatiques transmettent aux nouveaux membres de la société, à la fois pour les intégrer et les aider à survivre, les savoirs des générations précédentes, y compris leurs convictions métaphysiques, en tant que vérité immuable. Les auteurs de la Constitution, eux, estimaient qu'au moment où la civilisation devenait planétaire, plus aucune connaissance ne pouvait, et ne devait être considérée comme absolue. L'examen critique, en dehors de tout dogme, de l'ensemble des savoirs accumulés était la condition nécessaire de la libération de la créativité humaine et de l'unification de l'humanité dans un effort commun. Le monde est devenu tellement complexe que seule l'association de toutes les forces leur donnait - et nous offre l'espoir de pouvoir répondre aux défis du temps.

Par conséquent, toutes les loges et obédiences maçonniques devraient tendre vers l'unité dans le respect de leur diversité. "Un maçon libre dans une loge libre...!" Il faut combler le fossé qui, depuis environ un siècle, peut-être plus, divise la franc-maçonnerie en deux grands courants, "réservé" (que ses partisans appellent 'régulier') et "ouvert" (qui, lui, aime se désigner "a-dogmatique")2.

Saint Jean que les francs-maçons aiment bien n'a-t-il pas écrit: Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père ?

2. La franc-maçonnerie est née unie

a) Causes de la fracture

Suite à la publication de la Constitution, le mouvement maçonnique a rapidement essaimé en Grande-Bretagne, en France, puis en Amérique et sur le reste de la terre. Ses formes plus anciennes ont trouvé une nouvelle vigueur. Mais, en se répandant il s'est inévitablement diversifié en fonction des contextes locaux. Les fondements sont restés les mêmes et tous les francs-maçons reconnaissent comme base de leur mouvement la Constitution, néanmoins cette évolution a fini par creuser, au bout de plusieurs décennies, un fossé entre deux principaux courants du mouvement.

b) Nature de la fracture

La franc-maçonnerie actuelle se divise en deux grands courants qui pourraient être désignés "ouvert" et "réservé". Ils communiquent peu, alors que les deux ont le même but initiatique, considèrent comme très importante la pensée symbolique, utilisent des rituels proches les uns des autres et sont organisés de façon similaire.

Pour lire l'opinion d'un éminent membre de la Grande loge Unie d'Angleterre, Julien Rees, sur cette fracture, clic ici

c) Pierres d'achoppement

Les relations entre les obédiences "réservées" et "ouvertes" se heurtent principalement à deux pierres d'achoppement:

  • l'initiation des femmes, ou plutôt la réception des Sœurs sur les colonnes des loges masculines, car aujourd'hui même la Grande loge Unie d'Angleterre reconnaît la validité de l'initiation féminine,
  • la croyance en Dieu ou toute autre représentation exprimant le principe religieux de créateur unique (cette idée de l'unicité de l'origine du monde pouvant être partagée, mais aussi contestée par les scientifiques d'aujourd'hui). Pour les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne, le Grand Architecte de l'Univers était un symbole (en maçonnerie, "tout est symbole"), mais plus tard il est devenu la désignation de la foi, son synonyme, donc un "signe". Les symboles sont ouverts, les signes définissent, précisent, délimitent, clôturent, mais aussi séparent...

Ces deux questions, toutes importantes qu'elles puissent être, n'ont pas grand-chose à voir avec le projet de la Confédération tel qu'il est exposé sur ce site.

Le but de ce projet n'est pas de convaincre les obédiences d'initier, ou bien de continuer à ne pas initier les femmes, les recevoir ou ne pas les recevoir dans leurs Temples, pas plus que de trancher la question de savoir si les francs-maçons doivent être croyants, ou peuvent ne pas l'être.

Par rapport au projet de la Confédération, ces questions, comme les autres points litigieux de moindre importance, peuvent rester ouverts. Ils ne devraient pas empêcher sa création.

Tout le monde croit que les Obédiences "reconnues" par UGLE sont homogènes tandis que le courant "ouvert" est diversifié. En réalité, la Grande Loge Unie d'Angleterre (UGLE) qui récuse tout racisme est très différente de certaines Obédiences nord-américaines qui ne reconnaissent pas Prince Hall Grand Lodge, composée de Noirs américains. Être athée n'interdit pas d'appartenir aux loges "régulières" en Europe centrale, tandis que cela semble impossible aux États-Unis. Etc. Si les Obédiences "régulières" peuvent se "reconnaître" mutuellement malgré ces différences, pourquoi ne pourraient-elles pas faire de même par rapport aux Obédiences "ouvertes"?

 

3. Réunir dans le respect des différences

ecusson--Cette proposition de collaboration inter-obédientielle a pour but

  • la réalisation de la devise maçonnique "réunir ce qui est épars" au nom de "la fraternité universelle",
  • le renforcement, par un plus grand respect de ces deux principes fondamentaux, de la crédibilité de la franc-maçonnerie aux yeux de ses membres aussi bien que de l'opinion publique,
  • la confirmation de la nature initiatique de la franc-maçonnerie qui, par conséquent, n'est ni une église, ni un parti politique, ni une association professionnelle, ni un groupe de pression économique, ni une société de bienfaisance ou autre entité profane,3
  • l'enrichissement de tous les membres de la Confédération par les découvertes, relatives au caractère initiatique de la franc-maçonnerie, qui ont été faites depuis 1723 à nos jours par les loges et obédiences en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs,
  • la poursuite du développement des obédiences "ouvertes" et "réservées " afin que même pendant la période de la "globalisation", donc de l'interpénétration des civilisations à l'échelle de la planète, la franc-maçonnerie garde, grâce à sa diversité, toute l'étendue de ses capacités de contribuer à "l'amélioration de l'homme et de la société".
a) Objectif: Combler le fossé

L'objectif de la Confédération n'est surtout pas d'uniformiser ses membres, et encore moins de créer une nouvelle "super-obédience".

Pour réaliser ce projet, il n'est pas non plus nécessaire de bouleverser l'échiquier des relations entre les obédiences.

Il s'agit juste de persuader les dirigeants des deux courants de communiquer les uns avec les autres en qualité de francs-maçons et de permettre aux chercheurs d'étudier, indépendamment de leur appartenance, toutes les obédiences en participant à leurs travaux rituels. Cela favorisera la compréhension mutuelle et pourrait inspirer un nouvel approfondissement des pratiques maçonniques et de leur connaissance théorique.

Après avoir accepté ces deux principes, chaque obédience continuera à fonctionner suivant ses propres convictions.

Chaque loge se déterminera elle-même par rapport aux visiteurs et visiteuses suivant la règle, proposée plus loin.

b) Condition du succès: respect

Le projet de la Confédération est un appel à combler le fossé qui sépare les mouvements maçonniques, et rien d'autre.

La Constitution d'Anderson résulte d'un besoin de liberté de recherche scientifique, philosophique et ésotérique de ses auteurs, et elle est un formidable appel à la tolérance. Écrire en 1723 ce qui suit, après une période de plusieurs décennies de guerres religieuses, mérite une grande admiration:
Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont toutes les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c'est à dire être des hommes vrais et bons, ou hommes d'honneur et d'honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l'Union et le moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance.

Soyons dignes de nos prédécesseurs! Par respect de nos ancêtres et des futurs générations des francs-maçons, faisons vivre le rituel de la Chaîne d'union:

Cette chaîne qui nous lie dans le temps et dans l'espace,
nous vient du passé et tend vers l'avenir.
Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres,
par elle doivent s'unir les francs-maçons de tous les rites et de tous les pays.
Nous voulons répandre au dehors du temple cette vérité que nous y avons acquise.

c) Après avoir accepté ces deux principes signer et diffuserL'Appel de Bratislava pour réunir tous les francs-maçons .

 

4. Paradoxe du XXIe siècle

Pendant des siècles les guerres ont été menées au nom de la foi. Encore aujourd'hui, des les terroristes tentent parfois de justifier de la même manière leurs attentats. Si malgré tous ces conflits sanglants plus aucune église n'excommunie les autres, pas plus qu'elle ne ferme ses portes aux croyants d'autres religions, les francs-maçons pourraient suivre cet exemple d'autant plus aisément qu'ils n'ont jamais mené aucune guerre fratricide.

Les dissensions entre les obédiences ont commencé vers la fin du XVIIIe siècle pour des raisons politiques et religieuses, se sont renforcées au XIXe et ont été figées en 1929 dans leur forme actuelle. Ils contredisent l'idéal des fondateurs de la franc-maçonnerie moderne qui est "réunir ce qui est épars "pour instaurer la fraternité universelle d'"honnêtes gens".

Les deux courants ont défini leurs lois et les respectent, ce qui est correct, mais n'oublient-elles pas que toute loi doit être lue, commentée et comprise en fonction des conditions concrètes où elle doit être appliquée? Sinon, les tribunaux, juges, procureurs et avocats seraient inutiles, les gardiens des prisons et les bourreaux suffiraient...! Les églises prétendent représenter la loi divine, mais malgré cela tiennent compte des circonstances dans lesquelles leurs croyants ont pu l'enfreindre.

Tout franc-maçon sincère devrait ressentir comme une humiliation le fossé entre les "réguliers" et les "autres" qui date d'un autre temps. Au contraire, le monde doit se réunir et les francs-maçons devraient lui montrer l'exemple.

Pour lire l'opinion d'un éminent membre de la Grande loge Unie d'Angleterre, Julien Rees, sur cette fracture, clic ici.


B. Projet de la Confédération

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Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une seule page.

Saint Augustin

Crains le lecteur d'un seul livre!

Sénèque

Pour lire la suite, cliquez ici

 

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Le site http://www.franc-maconnerie-moderne.com a été créé pour favoriser un libre échange d'idées sur la franc-maçonnerie.

Ce débat a été empêché par 50000 contributions qui n'avaient rien à voir avec la franc-maçonnerie et voulaient juste se servir de ce site pour promouvoir divers services et autres marchandises.

J'ai effacé toute cette pollution et ne publierai plus aucun commentaire de ce type.

Merci d'avance pour vos réflexions au FORUM sur les sujets qui intéressent la franc-maçonnerie.

 

C. Bâtir l'unité est indispensable

Symboles-maonniques---photo-PB-3Face aux épreuves qui attendent l'humanité,
en cette époque de la "globalisation", à cause

  • de la démographie galopante,
  • du gaspillage des matières premières, de l'énergie et d'autres ressources naturelles,
  • des pollutions de l'environnement,
  • de la réduction de la biodiversité,
  • de la répartition trop inégale des richesses entre les hommes et les pays,
  • de la spéculation financière devenue incontrôlable,
  • des multiples volontés d'hégémonie sur le plan international,
  • des armes de destruction massive,
  • de tous les autres moyens de terroriser les adversaires,
  • de la menace d'une guerre mondiale,
    l'humanité a besoin d'unir ses forces dans la fraternité.

Nous, les francs-maçons, voulons donner l'exemple.

Nous voulons être le fondement d'un nouvel Humanisme.

Offrons au monde notre idéal de fraternité universelle
qui nous lie dans le temps et dans l'espace, nous vient du passé et tend vers l'avenir.
Par cet idéal, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres,
par lui doivent s'unir les francs-maçons de tous les rites et de tous les pays.

Nous demandons à nos dirigeants élus de surpasser leurs désaccords et de bâtir un pont
par-dessus le fossé qui divise les obédiences maçonniques.

Unissons nos forces pour agir plus efficacement,
individuellement, chacun sur son lieu de vie, dans son domaine d'activité,
et collectivement, en tant que francs-maçons.

....

Un être humain est une partie d'un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l'espace. Il s'expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d'illusion d'optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l'affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté.

Albert Einstein

Chaque atome qui m'appartient vous appartient tout aussi bien.

Walt Whitman

 

 

 

D. Réserves exprimées lors des débats préalables à la publication de ce projet : Voir le Forum.

E. Origine de l'Appel de Bratislava pour réunir tous les francs-maçons

Bratislava_-_temple_de_Humanizmus-_P_Bu1. Historique: trois étapes

En 2007 et 2008, les Grandes Loges et les Grands Orients tchèques et slovaques ont mené de longues discussions sur la nature de leurs organisations. Ils ont créé un groupe d'études qui a comparé leurs rituels et constaté, très étonné, qu'il n'y avait pas de différences fondamentales. Il a examiné leurs pratiques respectives et, à certains parmi ses membres, il semblait possible que leurs obédiences se reconnaissent mutuellement en tant qu'organisations maçonniques authentiques. Mais, nouvellement recréées suite à la chute du Mur de Berlin (1989), après un demi-siècle de mise en sommeil, imposée par les ennemies de la franc-maçonnerie, ces jeunes obédiences ont été trop faibles et n'ont pas su réaliser cette intention. La plupart ont décidé de se fondre en une organisation maçonnique commune sous les auspices de la Grande Loge Unie d'Angleterre.

J'ai participé à ces échanges et, peu à peu, formulé une première variante de ma proposition de la Confédération. Au départ elle ne concernait que l'Europe centrale. Elle a été assez largement débattue par mes frères slovaques et tchèques. Je l'ai reformulée, complétée, traduit en français, puis de nouveau enrichie grâce aux contributions d'une trentaine de frères et soeurs français, suisses et anglais. Cette suite de réflexions a donné naissance à une deuxième version du projet, discutée à nouveau, puis une troisième et une quatrième qui est maintenant soumise à un débat plus large.

2. D'où vient le nom de l'Appel de Bratislava?

Voici un extrait d'un roman, très inattendu, qui l'explique:

 

J’aurais aimé être seul. Hélas, Peter entra dans la salle humide et vint s’attabler entre Gilbert et moi.

C’est un parisien du Grand Orient, originaire de Slovaquie. Il est de ces maçons qui vivent dans l’utopie. Théo les dénomme ''nos accélérateurs de particules''. Plus leurs rêves sont insensés, plus leur passion leur donne des ailes et de l’énergie. Peter voudrait nous faire signer un appel solennel pour que l’universalisme maçonnique se concrétise dans une organisation maçonnique européenne qui comprendrait toutes les obédiences d’Europe, même celle des coyotes. Gilbert s’y refuse. Par principe. Dès lors que l’initiative de ce projet nous vient d’un membre du Grand Orient de France, elle ne peut qu’échouer, nous dit-il.

Moi, j’ai promis de signer, même si la pétition n’est pas dans la méthode des loges, et j’ai émis l’idée qu’elle soit intitulée ''L’Appel de Bratislava'' pour qu’elle vienne d’ailleurs, et surtout pas du Grand Orient de France, car tout ce que nous avons proposé depuis trente ans a échoué. Sur ce point, je suis d’accord avec Gilbert.

Il s’est aussitôt et carrément moqué de moi. Que je devienne le vénérable d’une petite loge de Provence, oui, bravo, il approuve, mais que je me mêle des grandes affaires inter-obédientielles, non.

Chacun à sa place. Elles ne sont pas à ma portée. Il n’a pas dit pourquoi. C’était vexant et même très humiliant pour Peter et pour moi. Aucune initiative ne peut aboutir venant de nous. Il faudrait aller négocier à Londres qui nous répondrait que nous n’existons pas.

Peter ne s’est pas troublé pour autant. Il veut et il obtiendra vingt mille signatures, nous assura-t-il. Avec celles de nos soeurs, évidemment. Avec la mienne en tout cas. Et, s’il faut se passer des Anglais, nous nous en passerons.

A cet instant, Louis Jamet entra dans la salle humide et Gilbert en fut bien surpris. Je ne suis pas, de son point de vue, au niveau de Louis Jamet, professeur de faculté. Qu’avions-nous donc à faire ensemble?

Par discrétion, Peter se retira aussitôt. Gilbert, lui, s’incrusta.

Extrait du ''roman policier maçonnique'' de Jean Verdun, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France: Affaire de Lubéron, aux éditions Luc Pire, Belgique, ou bienhttp://www.jeanverdun.com/luberon.htm  épisode 12, page 209.

 

Pour un choc, ce paragraphe a été pour moi un choc. L'idée de la pétition vient de Jean Verdun et, en discutant avec lui, je n'ai évidemment jamais prétendu d'obtenir 20000 signatures, pas plus que Jean ne m'a pas promis de la signer. Mais je suis ravi qu'il eut pensé mentionner ce projet dans son roman et heureux de la bonne opinion que je lui ai faite lors de notre première, jusqu'à présent seule rencontre.

Si Jean Verdun, ce grand franc-maçon soutient ma proposition de la Confédération Mondiale des Obédiences Maçonniques,
si cette idée a reçu des avis tout aussi favorables de quelques autres personnalités
de la Grande Loge Unie d'Angleterre (UGLE),
de l'obédience suisse "régulière" ALPINA,
de la Grande Loge de France (GLdF),
du Grand Orient de France (GODF),
de la Grande Loge Féminine de France (GLFF),
de la Grande Loge Tchèque (VLCR)
et de plusieurs dizaines autres frères et soeurs,
alors une lueur d'espoir éclaire ce projet.


3. Biographie de l'auteur de l'Appel de Bratislava:

a) CV profane

Peter avec ses parents 300 dpi

Né le 26/5/1940 à Bratislava, Slovaquie, marié, deux enfants.
Etudes à l'Université Théâtrale, section histoire et théorie, Bratislava, Tchécoslovaquie (1957-62).
Thèse de Doctorat sur les théories de l’art de l’acteur de Stanislavski à l'Académie Slovaque des Sciences, Bratislava (1963-68) puis Etudes de 3ème cycle sur la politique et la culture en l'URSS à l' Institut d'Etudes Slaves de la Sorbonne (1968-72).
Conseiller littéraire et coordinateur de tournées de nombreuses compagnies de théâtre en France et à l'étranger (1972-81, 1986-2008), projets et recherches pour le Centre Pompidou, Paris (1979-80), le Ministère de la Culture de la France (1980-81), le Ministère des Affaires étrangères de la République slovaque (1999-03) etc, responsable de la programmation théâtrale à la Maison de la Culture de Rennes, (1982-84), projet d'échanges culturelles avec la Slovaquie dans le cadre de la candidature de Marseille au titre de la Capitale culturelle européenne de 2013(2007-08). Marseille a gagné la compétition et partage ce titre avec la ville slovaque de Kosice.
Directeur artistique de nombreux festivals de théâtre en général ou de mime en particulier, ainsi que de spectacles de rue en France et ailleurs (1976-2006), par exemple Gaukler à Cologne (1976), Mimes et clowns au Festival ''in'' d'Avignon (1977), Mimes et clowns, De Blauwe Zaal, Utrecht (1977), Paris - Barcelone - Modena (1982), Dehors / Dedans à Tours (1983-1986), Mimos à Périgueux (1987-2002), Paris - Fête du Forum (1989), Idéklic à Moirans en Montagne (1990-1994), Mimica No Acarte, Lisbonne (1990), Bratislava - Brno - Prague (1991), Teatro Europeo, Torino (2003-2006).
Critique de théâtre en Tchécoslovaquie et en France (1960-82), rédacteur du journal Gestes consacré au théâtre corporel (1992-2002).
Auteur de la pièce de théâtre Toutes ces âneries sur les femmes (www.aneries-sur-les-femmes.fr), en collaboration avec Benoît Vitse (2010-11).

b) CV maçonnique

Initié le 17/05/1991 à la loge La Bonne Foi à l'Orient de Saint Germain en Laye, Grand Orient de France, compagnon le 20/03/1992, maître le 30/04/1993. En automne 1995, élevé au quatrième grade du Rite écossais ancien et accepté à la loge Europe à l’Orient de Prague, puis au quatorzième et au dix-huitième grade à L'Ennéade, Orient de Saint Germain en Laye, même rite.

Le 8/05/1993 crée la loge Humanizmus à l'Orient de Bratislava, GODF, dont il est Vénérable maître pendant trois ans puis Couvreur. En 1999 nommé Vénérable maître d'honneur par sa loge. Le 21/03/2009 Humanizmus devient  la loge n°1 de la Grande Loge de Slovaquie. 

Publie dans les revues maçonniques du Grand Orient de France (GODF), Slobodomurár (Franc-maçon; Grande Loge de Slovaquie), Alpina (Grande Loge de Suisse) et ailleurs. Projet de la Confédération, 2007-2011.

 

Historique de l'allumage des feux de la franc-maçonnerie en Slovaquie:

En 1992, j'ai été invité par Jacques Oréfice, Grand Maître Adjoint aux Affaires Extérieures du GODF, à aider nos Frères de Prague dans leurs efforts de recréer la franc-maçonnerie en Tchécoslovaquie. La Tchécoslovaquie étant sur le point de se diviser en deux États, je me suis vite retrouvé tout seul à reconstruire ce mouvement en Slovaquie.

Il n'était pas évident d'y rallumer les lumières de la franc-maçonnerie après un demi-siècle de calomnies et d'interdictions, d’abord par un régime fasciste importé d'Allemagne en Slovaquie pendant la 2e guerre mondiale, puis un autre régime totalitaire de tendance stalinienne, l'église catholique y ajoutant son grain de sel. Toute trace de la franc-maçonnerie a été effacée. Pourtant, elle a existé sur ce territoire pendant presque deux siècles.

Pour la reconstruire, il m'a fallu :

  • réduire graduellement la méfiance des autorités et du public, donc organiser des conférences de presse, accorder des interviews à la radio, à la TV et à des journaux,
  • animer des débats publiques,
  • entretenir des relations personnelles et épistolaires avec quelques deux cent profanes qui ont manifesté leur intérêt,
  • traduire les rituels,
  • dessiner et faire fabriquer par un ami scénographe de très jolis outils nécessaires à l’équipement d’un Temple,
  • me procurer pour la loge toute une bibliothèque maçonnique en français, anglais, allemand, italien, russe et hongrois (les textes en slovaque et en tchèque étant introuvables),
  • chercher des éditeurs, prêts à publier des livres sur la maçonnerie, en premier lieu le grand classique  Le symbolisme maçonnique de Jules Boucher, paru en tchèque en 1998, et de Francs-maçons, bâtisseurs de lumière de Daniel Beresniak, en slovaque en 2002,
  • organiser et diriger, sous les auspices du GODF et en présence des délégations françaises, belges, autrichiennes et tchèques, l'allumage des feux la Respectable loge Humanizmus (Humanisme) qui a eu lieu le 8/5/1993, suivi le lendemain par l'initiation des quatre premiers Frères slovaques,
  • trouver des lieux pour nos Tenues régulières,
  • diriger la loge pendant trois ans,
  • continuer à l'aider fonctionner,
  • élaborer un site web et l'animer jusqu'au printemps 2008,
  • assurer des échanges entre Humanizmus et des loges en France, en Autriche et en Hongrie.

En 2009, la loge Humanizmus a quitté le GODF pour pouvoir contribuer à la création de la Grande Loge de la Slovaquie, sous les auspices de UGLE. (L'histoire détaillée a été publié dans La Chaîne d’Union, GODF, Paris, n° 18-19.)

Ma charge de travail maçonnique en Slovaquie explique en grande partie pourquoi je n’ai occupé qu’un seul poste électif dans ma loge-mère La Bonne Foi de Saint Germain en Laye, celui du Grand Expert de 1999 à 2001. En 2008, j'ai été élu à la Commission nationale de réflexion sur le développement durable.

c) Ses planches:

F. Remerciements

Je remercie chaleureusement tous les Frères et Soeurs qui m'ont aidé entre 2007 et 2011 à élaborer le projet de la Confédération par l'attention qu'ils lui ont prêté, par les critiques et suggestions qu'ils ont exprimées.

Je remercie à l'avance tous ceux qui voudront bien lire ce projet, signer l'Appel de Bratislava pour réunir tous les francs-maçons, le diffuser à d'autres Frères et Soeurs, contribuer au débat sur ce projet et le sens de la franc-maçonnerie moderne.

La traduction des textes de ce site a été en partie (15%) financée par un Frère qui souhaite rester anonyme. Au nom de tous les francs-maçons, je le remercie mille fois pour la pureté de ses intentions et sa générosité.

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Mains

 

G. Documentation

St_Germain_en_Laye_-_LBF_-_cusson_-_bois_11. Franc-maçonnerie: vous avez dit universelle? de Julian Rees (UGLE)

2. Constitution d'Anderson et ses modifications

(Anderson Constitution and its amendments in english: see bellow)

1723 Constitution d'Anderson et de Desaguliers, chapitre 1:
Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont toutes les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c'est à dire être des hommes vrais  et bons, ou hommes d'honneur et d'honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l'Union et le moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance.

En 1738 le pasteur Anderson publia une deuxième édition de ses Constitutions dont le chapitre 1 modifie un peu le point de vue des francs-maçons en matière de religion. Il ne s'identifie pas au christianisme, mais au noachisme (référence à Noé), considéré comme la "religion naturelle" s'adressant à l'ensemble de l'humanité, par delà tout particularisme confessionnel. Cette "religion naturelle" était au XVIIIe siècle un thème courant de la pensée des Lumières.

Un maçon est obligé à observer la loi morale comme un vrai Noachide; et s'il comprend droitement le métier, jamais il ne sera stupide athée ni libertin sans religion, ni n'agira jamais contre sa conscience. Au temps jadis, les maçons chrétiens devaient se conformer aux usages chrétiens de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient; mais la maçonnerie existant en toutes les nations, même de religions différentes. Leur seul devoir est aujourd'hui d'adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes s'accordent (en laissant à chaque frère ses opinions particulières), c'est-à-dire d'être hommes bons et vrais, hommes d'honneur et d'honnêteté, n'importe les appellations, religions ou croyances qui les distinguent: car ils s'accordent tous sur les trois grands articles de Noé, et c'en est assez pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la maçonnerie est-elle le centre de l'union, et l'heureux moyen de concilier des personnes qui auraient dû, autrement, rester à jamais éloignées les unes des autres.

N.B.: Était-ce l'ironie du sort? Ce rapprochement avec la chrétienté n'a pas empêché le Pape Clément XII de lancer la même année sa première bulle anti-maçonnique In eminenti apostolatus specula.

En 1742 la Grande loge d'Angleterre, dite "des modernes", édite une nouvelle version, très proche de la Constitution originale. 

Un maçon est obligé, en vertu de son titre, d'obéir à la loi morale; et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin sans religion. Dans les anciens temps les maçons étaient obligés dans chaque pays de professer la religion de leur patrie ou nation quelle qu'elle fût. Mais aujourd'hui, laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus à propos de les obliger seulement à suivre la religion, sur laquelle tous les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères, modestes et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué: d'où il s'ensuit que la maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi des personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles.

En 1753 quelques loges d'Angleterre qui accusaient l'obédience de 1717 de ''négligence'' qui serait la cause de la désaffection subie par la franc-maçonnerie, érigèrent une Grande loge rivale dite "des  anciens". 
Trois années plus tard, se faisant le porte-parole des reproches des "anciens" aux "modernes", le franc-maçon irlandais Laurence Dermott publia un pamphlet intitulé Ahiman Rezon. Il accusait entre autres les "modernes" d'omettre dans leurs rituels les prières, mentionnées dans les Anciens Devoirs, et de déchristianiser ainsi la Maçonnerie. C'est un fait que la maçonnerie "spéculative", apparue à Édimbourg vers 1637, avait élaboré un rituel initiatique Mason word et des catéchismes symboliques qui n'accordaient plus aucune place aux prières et qu'en 1723 Anderson avait aligné les positions religieuses de ces maçons spéculatifs sur la "religion naturelle" qu'il considérait comme universelle et pluriconfessionnelle. Mais le registre de cette maçonnerie "spéculative", inaugurée par le Mason word et partisane de la religion naturelle, n'était pas théologique: il était d'abord philosophique en raison de l'adhésion de ses membres à une herméneutique de type symbolique.

Un maçon est obligé par son statut de croire fermement en culte vrai de Dieu éternel, aussi bien qu'entous les textes sacrés que les dignitaires et les pères de l'église ont compilés et édités pour l'usage de toutes les honnêtes gens. De sorte que personne  comprenant l'art correctement ne puisse suivre les chemins irréligieux d'un malheureux libertin, ou être  séduit par des professeurs arrogants de l'athéisme ou du déisme, pas plus que d'être souillé  par les erreurs grossières de la superstition aveugle, mais ait la liberté d'embrasser la foi il pensera être appropriée, si à tout moment il vénère comme il se doit son créateur, et agisse dans le monde dans  l'honneur et l'honnêteté, faisant sienne à jamais pour ses actions la règle d'or fondamentale suivant laquelle il s'engage à faire aux autres ce qu'il voudrait que l'on lui fasse à lui. Quant au métier, au lieu de se mêler de conflits vains et inutiles au sujet de diverses opinions et convictions humaines, il admet fraternellement qu'ils sont bonnes et vraies; ainsi trouvera-t-il les moyens de se réconcilier avec les personnes, qui, sans cette aide,  resteraient en désaccord.

En 1815, à la suite de ces tensions, La Grande loge unie d'Angleterre publia une nouvelle, et jusqu'à présent dernière version de la Constitution qui est devenue la "base indiscutable" de la "régularité maçonnique":

Un maçon s'oblige d'obéir à la loi morale; et s'il comprend droitement l'art, jamais il ne sera stupide athée ni libertin sans religion. Mieux que personne il doit comprendre que Dieu ne voit pas comme les hommes; car l'homme regarde l'apparence extérieure, mais Dieu regarde le coeur. Un maçon est donc particulièrement tenu à ne jamais agir contre les impératifs de sa conscience.
Quelle que soit la religion d'un homme, ou son culte, pourvu qu'il croie au glorieux architecte du ciel et de la terre, et pratique les devoirs sacrés de la morale, le lien solide et doux de l'amour fraternel unit les maçons et les hommes vertueux de toutes croyances. Ils apprennent à considérer les erreurs humaines avec compassion et à tâcher de démontrer, grâce à la pureté de leur conduite, la très haute supériorité de la foi qu'ils peuvent professer. Ainsi la maçonnerie est le centre de l'union entre des hommes bons et vrais, et l'heureux moyen de concilier l'amitié entre ceux qui auraient dû, autrement, rester sans cesse éloignés les uns des autres.

La plupart des francs-maçons ne connaissent que la première version de 1723 et la respectent encore aujourd'hui.

 

Version anglaise :

book

 Anderson and Desaguliers Constitution, 1723, Chapter 1:

In 1723: A Mason is obliged by his Tenure, to obey the moral law; and if he rightly understands the Art, he will never be a stupid Atheist or an irreligious Libertine. But though in ancient times Masons were charged in every country to be of the religion of that country or nation, whatever it was, yet it is now thought more expedient only to oblige them to that religion in which all men agree, leaving their particular Opinions to themselves: that is, to be Good men and True, or Men of Honour and Honesty, by whatever Denomination or Persuasion they may be distinguished; whereby Masonry becomes the Centre of Union and the Means of conciliating true Friendship among persons that must have remained at a perpetual distance.

In 1738, the Rev. Anderson published a second version of his Constitution with a slightly revised viewpoint regarding Masons and religion in Chapter 1. Freemasons did not identify themselves with Christianity, but Noachism (a reference to Noah), considered a "natural religion" incorporating all humanity and spanning all individual obediences. The idea of a "natural religion" was a common theme throughout the 18th Century’s Age of Enlightenment.

A Mason is obliged by his tenure to observe the moral law as a true Noachide; and if he rightly understands the Craft, he will never be a stupid Atheist or an irreligious Libertine, nor act against conscience. In ancient Times, the Christian Masons were charged to comply with the Christian usages of each country where they travelled or worked; being found in all nations, even of divers religions. They are generally charged to adhere to that religion in which all men agree (leaving each Brother to his own particular opinions); that is, to be good men and true, men of honour and honesty, by whatever names, religions, or persuasions they may be distinguished; for they all agree in the three great articles of Noah, enough to preserve the cement of the lodge. Thus Masonry is the Centre of Union, and the happy means of conciliating persons that otherwise must have remained at a perpetual distance.

(N.B.) Isn’t this ironic? The joining together with Christianity did not prevent Pope Clement XII from launching his first anti-Masonic attack, In eminenti apostolatus specula,the same year.

In 1742, the so-called "modern" Grand Lodge of England published a new version that was very similar to the original Constitution of 1723.

A Mason is obliged by his Tenure, to obey the moral law; and if he rightly understands the Art, he will never be a stupid Atheist or an irreligious Libertine. In ancient times Masons were charged in every country to be of the religion of that country or nation, whatever it was. But today, leaving their particular Opinions to themselves, it is now thought more expedient only to oblige them to that religion in which all men agree. It consists of being Good men and True, or Men of Honour and Honesty, by whatever Denomination or Persuasion they may be distinguished; whereby Masonry becomes the Centre of Union and the Means of conciliating true Friendship among persons that must have remained at a perpetual distance.

In 1753, several British lodges that had in 1717 accused the obedience of ''negligence'' would form the root of the alienation suffered by the Freemasons, building a rival so-called "ancient" Grand Lodge.

Three years later, by making himself the spokesman for the "old" and "modern" conflict, the Irish Freemason Laurence Dermott published a pamphlet entitled Ahiman Rezon. He accused the "moderns" of removing the prayers from their rites stated in the Old Duties, and taking the Christian faith out of Masonry, among other claims. It is a fact that "speculative" Masonry made an appearance in Edinburgh around 1637, having developed a Mason Word initiation ritual and symbolic catechisms that no longer involved prayers. In 1723, Anderson had aligned the religious positions of these speculative Masons with the "natural religion" he regarded as universal and multi-confessional. But the tone of this "speculative" Masonry, inaugurated by Mason Word and a proponent of natural religion, was not theological: it was philosophical more than anything due to its members’ adhesion to a symbolic type of hermeneutics.

A Mason is obliged by his Tenure to believe firmly in the true Worship of the eternal God, as well as in all those sacred Records which the Dignitaries and Fathers of the Church have compiled and published for the Use of all good Men: So that no one who rightly understands the Art, can possibly tread in the irreligious Paths of the unhappy Libertine, or be induced to follow the arrogant Professors of Atheism or Deism; neither is he to be stained with the gross Errors of blind Superstition, but may have the Liberty of embracing what Faith he shall think proper, provided at all Times he pays a due Reverence to his Creator, and by the World deals with Honour and Honesty ever making that golden Precept the Standard-Rule of his Actions, which engages, to do unto all Man as he would they should do unto him: For the Craft, instead of entering into idle and unnecessary Disputes concerning the Different Opinions and Persuasions of Men, admits into the Fraternity all that are good and true; whereby it hath brought about the Means of Reconciliation amongst Persons, who, without that Assistance, would have remained at perpetual Variance.

As a result of these tensions, in 1815 the United Grand Lodge of England published a new, and to date, the latest version of the Constitution that became the "indisputable basis" of the "Masonic order":

 

A Mason is obliged, by his tenure, to obey the moral law; and if he rightly understands the art he will never be a stupid Atheist or an irreligious Libertine. He, of all men, should best understand that God seeth not as man seeth; for man looketh at the outward appearance, but God looketh to the heart. A Mason is, therefore, particularly bound never to act against the dictates of his conscience. Let a man's religion or mode of worship be what it may, he is not excluded from the order provided he believe in the Great Architect of heaven and earth, and practise the sacred duties of morality, the strong bond and sweet brotherly love unites Masons and virtuous men of all faiths. They learn to consider human error with compassion and try to demonstrate, through the purity of their conduct, the high superiority of faith that they profess. Thus Masonry is the centre of union between good and true men, and a happy means to reconcile friendship between those who should otherwise remain far apart from each other.

Most Freemasons only know the first version from 1723 and still respect it today.

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Notes

1Décoder une information demande de l'effort et cet effort fourni permet de mieux comprendre le sens de ce qu'on déchiffre. Les alchimistes procédaient de la même façon, pour les mêmes raisons et Umberto Ecco le confirme en ouvrant son génial Pendule de Fouccault,  "le plus grand bestseller le moins lu au monde" par la citation de Heinrich Cornelius Agrippa von Nettensheim De occulta philosophia: "Pour vous seuls, fils de la doctrine et de la sapience, nous avons écrit cette oeuvre. Scrutez ce livre, recueillez-vous dans cette intention que nous y avons dispersée en plusieurs endroits; ce que nous avons occulté dans un endroit, nous l'avons magnifié dans un autre, afin que votre sagesse puisse le comprendre".

2Obédiences ''ouvertes'', accessibles à tous ceux qui respectent les idéaux maçonniques mais souhaitent la totale liberté de pensée,  ''fermées'' ou ''réservées'' qui partagent les mêmes fondamentaux, mais fonctionnent suivant les règles quasi immuables et ne cooptent que ceux qui ne les remettent pas en cause.  Faut-il préciser que cette distinction ne contient aucun jugement de valeur? Pour être viable toute société a besoin des ''conservateurs'' que des ''progressistes'', le respect des traditions étant aussi important que la capacité d'innover. Par rapport à la franc-maçonnerie et aux pays où elle oeuvre les deux attitudes se justifient et devraient pouvoir coexister.

3Ces organismes existent ailleurs et tout le monde peut y adhérer sans passer par la franc-maçonnerie. Toutefois, la nature initiatique de cette dernière n'exclue pas la charité, pas plus que les débats de société en loge car ils peuvent contribuer au processus initiatique.

4Toutefois, réunir les deux courants du mouvement maçonnique ne signifie pas que leur Confédération doive accepter n'importe quel groupe qui se pare du nom de ''Franc-maçonnerie'' sans avoir rien de commun avec la tradition initiatique européenne: voir plus loin les modalités d'adhésion.